• Portrait
    Texte: Eric Déroze

    La recherche, c’est aussi une question de temps

    Jocelyne Bloch Médecin adjointe au Service de neurochirurgie et présidente de la commission Pépinière

    Favoriser la recherche»: derrièrece slogan qui sonnecomme une promesse électorale se cache un défi de taille pour un centre universitaire. Conditions de travail, financement, rayonnement… Les facteurs sur lesquels le CHUV peut avoir une influence pour voir aboutir les projets de publication de ses cliniciens sont nombreux.

    Mais le plus ambitieux reste sans aucun doute la faculté pour l’hôpital de savoir reconnaître le plus tôt possible ceux dont le travail mérite un «coup de pouce», au risque de voir la source des talents se tarir, voire s’en aller sous d’autres latitudes. Au début de leur formation, les médecins ont la possibilité de s’inscrire à un programme de MD-PHD qui est un excellent premier tremplin pour se lancer dans la recherche. Et bien plus tard, à des échelons professoraux, lorsque le médecin a prouvé sa solidité scientifique, il existe plusieurs programmes soutenant leurs travaux. Il en va fort différemment si l’on se penche sur ceux qui se situent dans la phase intermédiaire: on pense notamment aux chefs de clinique et aux jeunes médecins cadres, pour qui la voie menant aux bourses de recherche tant convoitées s’apparente à un vrai chemin de croix. Une situation compliquée qui explique en partie le fait que la recherche académique n’est pas le premier choix des nouveaux médecins.

    C’est précisément dans cette optique que le CHUV et l’UNIL ont créé l’an passé le programme de soutien «Pépinière» encourageant les chefs des différents services cliniques à faire remonter les profils et les projets qui méritent un coup de projecteur. S’il est validé par une commission formée d’un représentant de chaque département clinique et de recherche, le projet recevra l’équivalent d’un financement de 50% de temps de travail du lauréat sur deux ans, pour lui permettre de dégager un temps «protégé» afin qu’il puisse mener
    sa recherche sans entraves.

    Cette année, trois projets ont été retenus: Chantal Berna Renella en anesthésiologie (investigations sur le système nerveux central et la résistance au stress chez les patients présentant des douleurs neurogènes chroniques), Noémie Boilat Blanco au Service des maladies infectieuses (développement d’un algorithme décisionnel visant à réduire la consommation d’antibiotiques chez un patient consultant leur généraliste pour une infection des voies respiratoires) et François Kuonen de notre Service de dermatologie (travail in vitro et in vivo murin sur le profil invasif du carcinome basocellulaire). Les trois premiers chapitres d’une histoire que nous espérons fort luxuriante! ⁄



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