Autour du globe

3 questions à Alessandra Apicella

La Corée du Sud se distingue par son savoir-faire numérique. Un atout précieux dans le domaine de la santé.

En quoi la Corée du Sud se montre-t-elle particulièrement innovante?

La Corée du Sud investit 4,2% de son produit intérieur brut dans la recherche et le développement, alors que la moyenne des pays de l’OCDE se situe à 2,3%. Elle se distingue dans les technologies de l’information, sur lesquelles elle a beaucoup misé et qui ont servi de moteur à son incroyable développement économique ces dernières décennies. Aujourd’hui, les innovations dans ce secteur se concentrent principalement autour des données.

Comment cela se traduit-il dans le domaine de la santé?

L’Hôpital Bundang, à Séoul, est le premier établissement totalement numérisé au monde. Les données des patients sont partagées à l’intérieur de l’hôpital. Tous les médecins ont ainsi accès à toutes les informations concernant le malade en temps réel. Cela permet de gagner en efficacité. Le praticien le mieux à même de répondre au problème peut être identifié plus facilement, sans éventuel rendez-vous supplémentaire. Le diagnostic intervient ainsi plus rapidement. Par ailleurs, les équipements des salles d’opération sont digitalisés, ce qui permet de réduire les erreurs humaines. Quant à la prescription de médicaments, elle est affinée en fonction du profil spécifique du patient, en s’appuyant sur le big data.

Comment la Suisse et la Corée collaborent-elles?

La Suisse est très en avance dans les sciences de la vie, mais pourrait grandement bénéficier des compétences de la Corée en matière d’intégration des technologies de l’information dans ce domaine. Depuis 2014, le partenariat public-privé Swiss-Korean Life Science Initiative vise à renforcer les liens entre les acteurs des deux pays. L’Institut tropical et de santé publique suisse et la start-up coréenne spécialisée dans les diagnostics in vitro NOUL collaborent par exemple dans la recherche contre la malaria. L’Université de Bâle a accueilli des start-up coréennes dans son parc d’innovation, et des jeunes pousses bâloises se sont rendues en Corée. Autre exemple: les hôpitaux digitalisés coréens ont suscité l’intérêt des cantons de Bâle et du Jura, et leurs représentants ont pu rencontrer une délégation coréenne pour s’entretenir sur ce sujet en 2016.



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Alessandra Apicella est directrice du Science & Technology Office de l’Ambassade de Suisse en Corée du Sud. Détentrice d’un doctorat en génie des matériaux de l’École polytechnique de Milan, elle a auparavant travaillé au Swiss Integrative Center for Human Health et à l’EPFL.

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