Chronique
Texte: Marisol Hofmann et Stéphanie de Roguin
Photo: DR

Les promesses de la phagothérapie

Le directeur de projet au Département de microbiologie fondamentale de l’UNIL Grégory Resch a participé au projet PhagoBurn. Ce premier essai clinique sur la phagothérapie, financé par l’Union européenne, visait à évaluer l’efficacité et la tolérance des bactériophages comme traitement des plaies infectées chez les grands brûlés. «Il s’agit d’une première mondiale. Les essais cliniques ont été réalisés en France, en Belgique et en Suisse selon les standards occidentaux de bonnes pratiques», souligne-t-il.

PhagoBurn a pris fin en juin 2017 et ses résultats paraîtront d’ici à la fin de l’année. Grégory Resch espère que le bilan de cette expérience permettra à cette solution prometteuse de se démocratiser d’ici à quelques années. «La phagothérapie peut tout aussi bien être utilisée en complément aux antibiotiques, constate le chercheur. Nous avons observé une synergie entre les deux traitements.» La phagothérapie est en outre connue pour l’absence d’effets secondaires. «Nous sommes constamment en contact avec des bactériophages. Ils sont 10 à 100 fois plus nombreux que les bactéries. On en trouve, par exemple, des milliards dans le lac Léman», assure Grégory Resch.

Le chercheur en microbiologie fondamentale s’apprête à participer à une nouvelle expérience clinique de phagothérapie. Soutenue par le CHUV et l’UNIL, elle se déroulera sur une période de cinq ans. Le traitement sera cette fois appliqué à des patients souffrant de mucoviscidose.



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Bio

Le docteur Grégory Resch est Maître Assistant au sein du Département de Microbiologie Fondamentale à l’Université de Lausanne. Par sa qualité de spécialiste du développement des bactériophages et de molécules antibactériennes dérivées (lysines), il est co-investigateur de l’étude PhagoBurn. Il a séquencé et analysé l’ADN génomique de l’un de ces virus bactériens aux débuts de la bio-informatique, ce qui lui a valu l’obtention d’un PhD de l’Université de Bâle en 2003.

(Photo: Nicole Chuard © UNIL)